Le poids du silence en séance de coaching

Découvrez dans cet article pourquoi le silence est une arme pour le coach et comment l'utilisez dans votre pratique afin d'accompagner votre client.

Le silence est une attitude centrale en séance de coaching même si de nombreuses personnes sont mal à l’aise face au vide et cherchent sans cesse à le combler. Car, pour le professionnel, l’écoute du client nécessite en premier lieu, de savoir se taire. C’est, d’ailleurs sur ce point, que l’on distingue les coachs débutants des plus aguerris, les premiers étant plus enclins à interrompre le dialogue, estimant important d’énoncer leur point de vue, pour diriger plus efficacement leur client.

 

Une invitation à rentrer dans son dialogue intérieur

 

Or, le silence est « la » technique phare du coaching. A l’image d’une pompe qui crée un vide, un espace nécessaire, pour aspirer les pensées profondes du client. Mais la force du silence n’est pas dans le silence lui-même, mais essentiellement au niveau de ses effets. Naturellement, si c’est le coach qui reprend la parole, il comble un certain vide, par contre, si on laisse ce vide s’installer davantage, le client sera conduit à chercher, à l’intérieur de lui, les failles majeures de son comportement.

Ensuite, plus le silence sera « fort », plus la qualité du silence du coach (et sa présence intrinsèque) sera renforcée, plus le client devra se recentrer sur lui. Or, pour obtenir un tel enchaînement, il existe de nombreuses techniques. A l’image de celle de la question puissante, définie par la rapidité du client à y répondre. En d’autres termes, les questions peuvent être utilisées à interrompre le discours mécanique du client, pour l’inviter à dialoguer de manière plus profonde avec lui-même.

Un outil de travail rythmant le coaching

 

Par exemple, face à une personne qui raconte, avec détails, des choses acquises, le coach peut être amené à intervenir judicieusement, pour clore, plus rapidement, le chapitre, par un : « vous semblez bien savoir tout ca. Alors ? ». Par cette simple intervention, il met un terme à un dialogue bien rodé et invite le client à rechercher plus loin. Il peut également reprendre un terme précis, question relais, pour le creuser plus spécifiquement et ainsi déceler ce qui se cache derrière. Cette technique interruptive est destinée à recentrer le client dans son dialogue intérieur et, à ce titre, le silence en est l’outil principal.

Autre élément d’indication, les yeux. Une personne qui ne quitte pas des yeux le coach, cherche à mieux percevoir les effets de son discours. Cela signifie qu’elle n’est pas dans l’introspection. Par contre, si elle est amenée à regarder autour d’elle, en cherchant des images, des émotions, passées ou futures, ce comportement indique qu’elle cherche ses mots, ses arguments, qu’elle fouille en elle de manière plus profonde.

 

Une permission au déploiement

 

Le silence du coach sert à créer un espace dans lequel le client peut grandir et se déployer. Il sert à l’amener à faire face à son propre vide, à l’apprécier et à en créer d’autres, pour parvenir enfin à s’occuper de lui. Sans espace, le client prend toute la place, sans prendre le temps d’explorer son territoire personnel. Or, sans ce vide, il ne peut pas faire émerger des réflexions propices au développement de soi. Le rôle du coach est donc de lui faire accepter ce silence et de l’aider à construire un espace, à la fois positif et chaleureux.

L’art du coaching consiste à ne pas pousser et à ne pas tirer son client : aussi, c’est à travers des questions puissantes – accompagnées de silence – qu’il l’invite à s’interroger et à se créer des espaces vides, afin de s’occuper de lui. Les professionnels du coaching donnent ainsi tout son sens à l’expression populaire : « si la parole est d’argent, le silence est d’or ».

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